Enfants Choyés

06/04/07
10:30 am, Rédaction Sherbrooke / Général, 577 mots
Un conflit de générations qui repose sur trop d’amour ?
Conférence de Josée Garceau à l’Université de Sherbrooke

Par Catherine Thumann

Des parents aimants et protecteurs, des voyages et des expériences plein la tête, une situation économique favorable... Tout baigne en apparence pour la plupart des « jeunes du millénaire » nés entre 1980 et 2000. Et pourtant, leur arrivée dans le monde adulte dévoile depuis quelques années un choc des générations d’un nouveau genre.

Optimistes, confiants en eux, doués pour le travail d’équipe, ouverts sur le monde, attachés à la famille... Responsable de la section Information et Recrutement au Bureau de la registraire de l’Université de Sherbrooke, Josée Garceau a d’abord pris soin de souligner les points positifs des jeunes avant de prononcer le fameux « mais » qu’attendaient beaucoup de professeurs rassemblés au Carrefour de l’information de l’UdeS.

Un malaise palpable aux études comme au travail
De l’impatience ou de l’aisance pouvant frôler l’impolitesse, un besoin permanent de savoir pourquoi, d’être encouragés, d’aller vite au résultat tout en faisant passer leur vie avant leur carrière, les attentes des jeunes du millénaire sont très élevées et ne correspondent pas forcément au moule créé par les générations précédentes. « Il n’y a rien de secret là-dedans. Nous avons juste mis des mots sur un malaise qui se ressent de plus en plus », observe Josée Garceau, parlant à titre d’observatrice et non de sociologue.

Des parents moins bien dans la peau des collègues
« C’est une génération qui a été très couvée, qui a eu accès à beaucoup de choses très tôt, c’est normal qu’elle s’attende à recevoir le même traitement partout », explique Josée Garceau, soucieuse de susciter la compréhension des adultes plutôt que de mettre de l’huile sur le feu.

Les exemples révélateurs n’ont pas manqué à la conférencière. « De plus en plus, nous avons des parents qui téléphonent à l’Université pour savoir si leurs enfants vont en cours, s’ils ont payé leurs frais de scolarité et même pour remplir les formulaires d’inscriptions en ligne », témoigne-t-elle. L’harmonie familiale, aussi positive soit-elle, pourrait conduire, par la suite, au manque de motivation et de persévérance des jeunes face aux réalités de la vie.

Vers des solutions
« En tant qu’éducateurs, nous allons devoir leur donner les bons outils à l’Université pour qu’on arrête de se plaindre d’eux sur le marché du travail », a lancé Josée Garceau, restant dans l’esprit de l’ouverture du troisième mois de la pédagogie universitaire. Après avoir brossé le portrait des traditionnels, des baby-boomers et de la génération X, la conférencière a donné quelques idées aux professeurs pour les aider à mieux composer avec les attentes de la génération communément appelée « Y ». Programmes de mentorat, codes de vie plus clairs, retours positifs comme négatifs sur les travaux constituent, selon elle, quelques-uns des éléments possibles à mettre en place.


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