vendredi 12 février 2010

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La violence institutionnelle et pédagogiqueL’école est porteuse de violence dans la manière dont elle distribue le
savoir. Une pédagogie basée sur l’excellence, la performance, la dépendance, la compétition et
l’individualisme ne convient pas à tous les élèves. Les cours magistraux demeurent encore le principal moyen
utilisé pour transmettre les connaissances (Audy, 1989; Defrance, 1988). Le conseil supérieur de l’éducation
(1984) indique que des moyens pédagogiques plus stimulants seraient susceptibles de provoquer moins de frustration
chez les élèves. Des rapports américains et japonais sur l’éducation précisent que nous devrions réorienter
rapidement nos programmes de manière à développer chez les étudiants la créativité, l’autonomie, le jugement
critique, le travail d’équipe et la solidarité si nous désirons les préparer adéquatement aux défis de
l’avenir (Associated Press, 1988).De nombreux enseignants se servent de leur savoir pour manipuler leurs
élèves. Ils se comportent en conquérants qui ont pour mission d’inculquer des connaissances à une masse
d’ignorants. Il n’y a pas partage des connaissances mais diffusion dans un rapport hiérarchique du haut
vers le bas. Ce type de pédagogie incite plusieurs enseignants à mépriser et à rejeter les élèves qui n’adhèrent
pas à ce modèle dominant d’acquisition des connaissances. Ce contexte d’apprentissage conduit certains
élèves à dénoncer l’injustice qui leur est faite sous forme de désespoir ou de mécanismes de défense
(Courteau, 1972; II-lich, 1971). Des îlots de contestation d’étudiants semblent émerger d’un peu partout
dans le milieu scolaire pour réagir à cette situation. Les jeunes agressifs possèdent deux points en commun, une
absence d’intérêt à l’école et un rejet plus ou moins marqué, des établissements scolaires et du
personnel à leur égard (conseil canadien de développement social, 1991). L’expression de la violence des élèves
pour témoigner leur malaise est qualifiée d’illégitime.La violence « pédagogique » que subit l’élève est
perçue par contre comme légitime. Qui s’objectera au besoin d’une bonne « dose »de discipline pour
éduquer? Cette violence pédagogique est présentée comme un ordre naturel et universel dont tout élève se doit de
bénéficier pour son développement présent et futur. En ce sens : « toute action pédagogique est objectivement une
violence symbolique en tant qu’imposition par un savoir arbitraire, d’un arbitraire culturel » (DeCock et
Grané, 1977 : 183).Actuellement, l’apprentissage reste soumis à une évaluation individuelle. L’évaluation
présente des éléments paradoxaux pour acquérir des connaissances. L’apprentissage devrait laisser place à des
essais et des réajustements alors que dans les faits il reste synonyme d’erreurs et de pénalités (Braverman,
1976; Courteau, 1972).Ce mode d’évaluation cause un préjudice aux apprentissages des élèves dans la
mesure où les initiatives qui ne cadrent pas avec le modèle enseigné sont sanctionnées. Le stress s’installe
chez les évalués, car les bonnes notes équivalent à limiter à tout prix un seul modèle de réussite (Audy, 1989).
L’enseignant représente à la fois l’autorité et la personne-ressource qui oriente et stimule les
apprentissages. L’une des principales fonctions de ce dernier consiste à évaluer les performances es élèves
selon les règles fixées par le système scolaire :« Le client de l’école est jugé sur la façon dont il satisfait le
professionnel. Le fait que c’est le professionnel qui juge son comportement et son rendement est le résultat
explicite du système » (McKnight, 1977; 17).L’évaluation permet de juger les clients conformes aux normes et
d’exclure les déviants. Que penser du fait de divulguer à haute voix, en classe, les résultats d’examens
sous prétexte de valoriser les élèves les plus forts et stimuler (humilier) les plus faibles? On comprend mieux pourquoi
les « premiers » de classe peuvent parfois devenir, dans un tel contexte, les boucs-émissaires des injustices vécues.Les
professeurs ont été formés dans le même cadre institutionnel que leurs élèves. La formation qu’ils ont reçue les
rapproche davantage des valeurs associées aux classes moyennes et supérieures. Un élève »modèle » correspond au
jeune calme, poli, attentif, compétitif et obéissant. Cette représentation dominante serait à l’origine de plusieurs
conflits avec des étudiants ne partageant pas ces valeurs culturelles (Defrance, 1988).De plus, la majorité des
professeurs n’ont pas appris à intervenir auprès d’un élève agressif. Le retrait de la classe continue
d’être la technique la plus utilisée pour arrêter sa conduite alors qu’il nécessite un besoin accru de
socialisation (conseil supérieur de l’éducation, 1984; Roy et Boivin, 1988.Une éducation basée sur la
soumission à l’autorité comporte également des risques sérieux pour le maintien d’une société
démocratique (Michaud, 1986; Milgram, 1974). L’agressivité a permis d’assurer la survie de notre
espèce. L’école devrait apprendre aux élèves de l’utiliser positivement pour combattre les injustices et les
abus de pouvoir dont ils peuvent être l’objet dans le présent et le futur :« Chaque être doit trouver sa forme
d’agressivité s’il ne veut pas se changer en docile marionnette entre les mains des autres ». (Miller,
1984 :301).De nombreuses injustices quotidiennes existent à l’école. En voici deux exemples. Un professeur
décrète ce matin un examen sans avertissement, alors que ce dernier avait été prévu dans deux semaines. Deux
élèves lui rappellent l’entente précédente. Il les réfère immédiatement à la direction pour impolitesse et
insubordination à l’autorité. Au secondaire, les élèves disposent généralement

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