En finir avec la violence a l’ecole. Quelles solutions ?
Publication éditée par la Division pour la promotion de l’Education de base
Secteur de l’Education
Une réunion d’experts s’est tenue au Siège de l’UNESCO, du 27 au 29 juin 2007 sur le thème : ‘‘En finir avec la violence à l’école. Quelles solutions ?’’ Cette initiative s’inscrivait dans le cadre de la Décennie internationale de la promotion d‘une culture de la paix et de la non-violence au profit des enfants du monde (2001 – 2010) et se proposait de donner suite au Rapport mondial sur la violence à l’encontre des enfants.
Cette réunion devait permettre aux experts, aux responsables de l’élaboration des politiques et aux praticiens d’explorer les questions et les défis majeurs posés par le Rapport mondial. Cette réunion s’inscrivait aussi dans le contexte du Programme mondial d’éducation dans le domaine des droits de l’homme, qui affirme que la communauté internationale a de plus en plus conscience que l’éducation aux droits de l’homme contribue à la prévention, à long terme, des violations des droits de l’homme et des conflits violents.
Plusieurs thèmes ont été abordés, principalement le contexte général, c'est-à-dire l’état de la violence à l’école aujourd’hui ainsi que des tentatives de réponses, émanant tant de la société civile que des médias, pour éradiquer la violence.
L’état des lieux apparaît très préoccupant (sauf si l’on regarde les statistiques qui restent très silencieuses à ce propos !) Même si les études menées au sein de l’Observatoire de l’étude de la violence à l’école, présentées par Eric Debardieux, de l’Université de Bordeaux II, se sont avérées pertinentes, la nécessité de disposer de données chiffrées demeure indispensable.
Au cours de ces deux journées, plusieurs interventions ont permis de dresser un état sombre des lieux : dans plus de 90 Etats, ‘‘la loi autorise à battre les enfants à l’école’’ ; les châtiments corporels sont un sujet particulièrement préoccupant dans les écoles relevant du mandat de l’UNRWA (Office de Secours et de Travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche Orient). Kabir Shaikh, Directeur du Département de l’Education UNRWA/UNESCO, citait à ce propos, une étude selon laquelle les élèves qui vivent dans les camps de réfugiés, disaient que les enseignants les frappaient ‘‘pour leur bien’’ ; Mafakha Touré, Directeur des Ressources humaines au Ministère sénégalais de l’Education, évoquait, pour sa part, le contexte Ouest africain, parlant d’une véritable ‘‘conspiration du silence’’. Il rappelait qu’en Afrique de l’Ouest 67% des filles et 57% des garçons qui abandonnent l’école le font en raison de la violence : ‘‘lorsqu’on demande aux élèves d’énumérer les qualités d’un bon enseignant, ils disent qu’un bon enseignant est un enseignant qui est gentil et ne les frappe pas’’
Il existe, bien entendu, de nombreuses expériences innovantes et de bonnes pratiques qui ont été évoquées lors de cette rencontre. Tuncay Ergene, professeur au Département des Sciences de l’éducation de l’Université Hacettepe (Turquie), a dressé une typologie de différents programmes de prévention de la violence dans le monde : programmes éducatifs, services de soutien aux élèves, lien entre école, famille et communauté, programmes environnementaux et technologiques, politiques et procédures scolaires… Faisant une sorte d’évaluation, il a tenté d’identifier des programmes qui avaient donné d’excellents résultats et ceux qui rencontrent des résistances.
Pour sa part, Lena Karlsson, Présidente du Groupe spécial de ‘‘Save the Children’’, sur la violence contre les enfants (Suède) a présenté des initiatives porteuses d’espoir : dans l’Orissa, en Inde, une réunion entre enfants et membres de l’Assemblée législative, a conduit à l’interdiction des châtiments corporels et humiliants dans les écoles publiques ; en Ouganda, des groupes de soutien, organisés par les enfants, ont conduit à une augmentation du nombre de cas signalés de violences contre les enfants et à une amélioration du partenariat entre la police et les autorités locales.
Des initiatives isolées ? Des gouttes d’eau dans la mer ? Comme toujours, à l’issue de telles réunions et à la lecture de leurs rapports, ce sont les mêmes questions qui surgissent. A l’issue de cette réunion, cependant, des conclusions solides sur la voie à suivre ont été avancées : partage des bonnes pratiques, renforcement et mise en œuvre des mécanismes juridiques et des mécanismes publics, coordination de la collecte des données. Il a en outre été suggéré d’inscrire la question de la violence à l’école à l’ordre du jour du Groupe de haut niveau sur l’Education pour tous. Les experts ont aussi estimé que la question pourrait fort bien servir de thème à un futur Rapport mondial de suivi sur l’Education pour tous.
Poursuivre à http://www.portail-eip.org/nouveaute/Violence_ecole.htm
vendredi 12 février 2010
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire